Racisme et discriminations : des notions proches mais distinctes, dont l’articulation peut prêter à confusion dans les pratiques professionnelles.
L’IREV, centre de ressources de la politique de la ville des Hauts-de-France a le plaisir de vous inviter au webinaire « Racisme et discriminations : Comprendre pour mieux agir » :
Mardi 28 AVRIL 2026 10H30-12H00
L’inscription est gratuite, obligatoire et se fait -> ICI <-
Il s’adresse aux :
- Pilotes des contrats de ville « Engagements Quartiers 2030 » et acteurs de la politique de la ville et de la cohésion territoriale des Hauts-de-France,
- Services de l’Etat, Région, Conseils départementaux
- Services politique de la ville des collectivités,
- Chargé·es à la prévention et lutte contre les discriminations,
- Chargé·es à l’égalité femmes-hommes, à la diversité,à l’inclusion
Dans la continuité du webinaire consacré à la notion d’intersectionnalité, Marie-Christine Cerrato Debenedetti, sociologue et politologue nous accompagne une nouvelle fois pour décrypter deux notions souvent confuses, parfois imbriquées que sont le racisme et les discriminations à caractère raciales. Il a vocation à interroger la capacité des acteurs à agir en faveur d’un territoire et en particulier des habitants des quartiers prioritaires, à alimenter les stratégies territoriales poursuivies ou à venir.
Ce webinaire permettra de :
- Définir les notions
- Comprendre les mécanismes sous-jacents
- Objectiver à travers un état des lieux
- Comprendre les risques judiciaires et sanctions
- Esquisser des stratégies d’action
Plusieurs institutions alertent sur des phénomènes en forte augmentation
Le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie en France alerte sur une augmentation des actes racistes et antisémites, avec une accentuation des violences directes envers les personnes. En 2024, les crimes ou délits à caractère raciste recensés ont augmenté de 11 % par rapport à l’année précédente. Plus de 1 570 actes antisémites ont été enregistrés, un chiffre proche de celui de 2023 (déjà très élevé) tandis que les signalements en ligne sur la plateforme PHAROS ont explosé de 55 %.
Ces données font écho à d’autres constats préoccupants. Le Défenseur des droits alerte notamment sur l’ampleur des discriminations multiples, qui touchent les jeunes perçu·e·s comme immigré·e·s, d’origine étrangère ou issu·e·s des territoires d’outre-mer, et ce dans l’ensemble des sphères de leur vie. C’est le sujet du dernier rapport du Défenseur « Jeunesses et discriminations fondées sur l’origine : répondre à l’impératif d’égalité ».
Des rapports, enquêtes, testings et recherches montrent que les discriminations liées à l’origine et à la couleur de peau tendent à s’intensifier en France. Ainsi, selon le baromètre international 2025 « Diversité et inclusion dans les organisations », 18 % des salariés français déclarent avoir été pénalisés en raison de leurs origines, contre 12 % en Europe, soit une hausse de 6 points par rapport à l’édition précédente. Ces discriminations touchent particulièrement les jeunes, entravant leurs droits fondamentaux et leurs perspectives de vie.
Le non-recours aux droits est préoccupant
La CNCDH comme le Défenseur des droits mettent en lumière un phénomène préoccupant : le non-recours aux droits. Les victimes, en particulier les jeunes (15-26 ans), renoncent fréquemment à signaler les discriminations, propos ou actes racistes qu’elles subissent. Ce non-recours pourrait s’expliquer notamment par :
- Les mécanismes de résignation
- La méconnaissance des droits et structures permettant l’aide aux victimes et leur accompagnement
- La peur de représailles ou sanctions
- Le faible nombre de condamnations, …
Au-delà d’un travail approfondi dans chaque territoire pour multiplier et rendre visibles les structures ressources, ces institutions soulignent l’importance des questions de sensibilisation et de formation. Le poids des stéréotypes et des préjugés, influencent fortement les actes et propos discriminatoires ou racistes. Ces biais cognitifs peuvent également conduire à des situations de discrimination non-intentionnelles ou inconscientes, contribuant ainsi à banaliser certaines pratiques, à les rendre acceptables et à autoriser une forme de récurrence.
Si les actes de racisme et de discriminations à caractère raciales concernent l’ensemble de la société, il nous parait essentiel de réfléchir à la situation des quartiers de la politique de la ville, des habitants davantage « racisés » et particulièrement vulnérables.