À l’occasion de la 5ème édition de Numérique en commun[s] qui s’est tenue à Lens, du 28 au 29 septembre 2022, un atelier participatif consacré à l’inclusion numérique dans les quartiers populaires a été organisé en partenariat avec l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), Ville & Banlieue, Villes Internet, la MedNum, le Mouvement des Régies de Quartier et Labo Cités (CRPV Auvergne Rhône Alpes). Plus de 50 participants (représentants de collectivités, d’associations et de l’État et des Centres de ressources PQNA et IREV) ont mis en commun leurs expertises pour produire un livrable d’avis et de préconisations. Il est proposé sous licence creative commons CC-BY-SA, et mis à disposition de toutes celles et ceux qui veulent s’en saisir.

Accéder à la ressource :

http://cosoter-ressources.info/index.php?lvl=notice_display&id=82305

Comme chaque année, l’ANCT rend public le bilan d’activité annuel des Centres de ressources politique de la ville, établi à partir des données quantitatives qui lui sont remontées par les CRPV.

Pour enrichir le bilan de l’année 2020, marquée par la crise sanitaire, des entretiens qualitatifs ont été menés avec les directeurs et directrices de CRPV. L’étude rendue publique en juillet 2022 propose d’observer cette période en interrogeant essentiellement :

● le fonctionnement des CRPV comme “organisations”, sous leurs aspects à la fois matériels et humains ;

● leurs modes de communication et leurs capacités de mobilisation au sein de leur réseau relationnel pendant cette crise, en pointant les évolutions significatives en ce domaine ;

● leur activité et leur pouvoir d’agir au cours de cette période difficile.

Consulter le Bilan de l’activité 2020 des CRPV

En complément, n’hésitez pas à lire ou relire la contribution annuelle des centres de ressources politique de la ville rédigée en 2020 : « Quartiers populaires, politique de la ville et Covid-19 : des enseignements à tirer de la crise pour l’avenir « 

Nadia Hai, ministre chargée de la ville, a lancé officiellement le 15 mars 2022, le comité d’histoire de la politique de la ville, suite à la remise des travaux conduits par Michel Didier, en charge de la mission de préfiguration de ce projet. Ce comité d’histoire de la politique de la ville, se donne pour objectifs de capitaliser et surtout «  …valoriser les 45 années de cette politique publique, insuffisamment valorisée, trop souvent critiquée… ».

La mission de préfiguration a proposé de lier étroitement des travaux de chercheurs, universitaires, issus des sciences humaines et sociales avec l’expertise et la pratique de celles et ceux, qui ont été les chevilles ouvrières de cette politique publique : élus, professionnels, associations et habitants des quartiers populaires. Afin de cette concrétiser cette orientation, un partenariat étroit a été convenu avec le tout nouveau campus Condorcet, installé à Aubervilliers, en Seine Saint Denis.

Ce comité d’histoire de la politique de la ville – et la ministre l’a rappelé dans son propos – pourra s’appuyer sur les connaissances du réseau national des Centres de Ressources Politique de la Ville, qui accompagne depuis près de 30 années (pour les plus anciens) cette politique publique. Cette instance sera installée d’ici l’été et bénéficiera d’un budget de 300 000€ notamment pour financer son fonctionnement et des appels à projets de recherches. A vos archives !

A cette occasion, était présentée l’exposition « Habiter les grands ensembles, Images et représentations des quartiers populaires . Présentée à Venise dans le cadre de la biennale d’architecture 2021, celle-ci invite à revisiter l’histoire des grands ensembles par le biais de l’abondante production iconographique qui leur est consacrée (dont la collection Un jour Une ZUP de Renaud Epstein).

Les 21 et 22 octobre derniers, les équipes et les gouvernances des 19 centres de ressources politique de la ville, ainsi que les équipes de la direction générale déléguée politique de la ville de l’ANCT, se sont retrouvées, à Paris, à l’occasion de la 6ème rencontre nationale. Plus encore que les autres, ce regroupement fut marqué par un plaisir partagé de pouvoir échanger, communiquer, s’apostropher en direct puisque la dernière rencontre « en présentiel » datait de juin 2019.

Au menu de la première journée, un temps en plénière au cours duquel le bilan de l’activité 2020 des CRPV a été présenté, puis commenté par François-Antoine Mariani, directeur général délégué de la politique de la ville à l’ANCT. Il a salué le rôle des centres de ressources dans l’accompagnement des territoires, mission qui a trouvé toute sa résonance dans un contexte de crise sanitaire inédit. Il a remercié les équipes “agiles, habiles et lucides” pour leurs apports réguliers d’informations du terrain pendant les confinements. Le bilan a été suivi par trois tables-rondes sur des focus particuliers : l’activité des centres de ressources ultramarins ; les centres face à la crise sanitaire ; la mobilisation des centres dans le déploiement des cités éducatives.

Dans un contexte de crise inédit, les CRPV ont su adapter leurs modes de faire pour poursuivre leurs missions : près de 2200 demi-journées d’intervention ont été réalisées en 2020.

L’après-midi, les équipes ont travaillé par petits groupes, dans un format de type forum ouvert, sur des sujets qui concernent à la fois la politique de la ville et la place des centres de ressources (ex : les transitions dans les quartiers, l’avenir des centres de documentation, les liens entre radicalisation et laïcité, la place de la culture dans la politique de la ville…). Il s’agissait d’un vrai temps de cohésion et d’intelligence collective pour l’ensemble des équipes après une année particulière de crise sanitaire.

Dans le même temps, la nouvelle conférence des présidents-es des centres de ressources s’est réunie dans un objectif d’interconnaissance et d’échanges sur les enjeux de la politique de la ville, avec notamment la présence de François-Antoine Mariani.

La deuxième journée était dédiée aux perspectives d’évolution et de structuration du réseau national des centres de ressources politique de la ville, avec l’ambition de définir les visions et les missions de ce réseau : quelle contribution apporte-t-il aux centres de ressources ? Quelles transformations souhaite-t-il accompagner les prochaines années ? Ce temps d’intelligence collective a permis d’établir une feuille de route. Gageons que les dynamiques de coopération inter-CRPV initiées au sein du Réseau avec les groupes de travail (thématiques ou métiers) serviront de leviers pour sa mise en œuvre !

28 et 29 janvier 2021 – en visio-conférence

Cette rencontre a été l’occasion pour les équipes des 19 CRPV, et leurs président-e-s, accompagnées des équipes de l’Agence nationale pour la cohésion des territoires (ANCT), des référents politique de la ville des services régionaux de l’État (SGAR, DRDJSCS), d’échanger sur l’actualité de la politique de la ville, de poursuivre ou d’engager des travaux communs dans le cadre d’ateliers thématiques, et de s’interroger sur l’avenir de cette politique publique et ses grands enjeux accompagnés d’expert.e.s et de personnalité.e.s issues d’autres réseaux professionnels. 180 personnes ont participé à cette rencontre dont 120 salariés des CRPV.
Ce temps de cohésion a également permis à tous les membres des équipes des centres de ressources de faire connaissance ou de se retrouver à travers quelques temps conviviaux à distance : des moments que l’on sait indispensables pour garder le lien et se ressourcer dans cette période d’incertitude qui impacte les modes de faire.

Au programme :
 

Jour 1 :

  • Introduction par François-Antoine MARIANI, directeur général délégué en charge de la politique de la ville, adjoint au directeur général, ANCT

    Rappel des actualités de l’ANCT et de ses objectifs, avec notamment le déploiement de la plateforme de la Grande équipe, qui fait évoluer les méthodes de travail de l’ANCT en renforçant le lien avec les acteurs de terrain. L’outil permet à la fois aux acteurs de faire remonter leur offre d’animation locale, de relayer leurs expérimentations, d’échanger entre pairs, et à l’ANCT de se nourrir des actions locales.
    Dans cette introduction, François-Antoine MARIANI a salué l’importance des centres de ressources pour leur rôle d’accompagnement des territoires mais aussi du réseau national dont les méthodes de travail (groupes de travail thématiques inter-centres), nourrissent les équipes de l’ANCT, notamment sur des sujets émergents (à l’image des transitions) et inspirent l’ANCT dans l’évolution de son organisation interne.
  • Table-ronde : Croiser les regards sur les questions d’actualités de la politique de la ville. L’occasion d’évoquer la gestion de crise mais aussi les perspectives de la politique de la ville à la veille du Comité interministériel des villes et à l’approche de la fin des contrats de ville (2022), et le rôle des CRPV dans l’accompagnement des acteurs.
    Avec :
    François-Antoine MARIANI, directeur général délégué en charge de la politique de
    la ville, adjoint au directeur général, ANCT
    Johanna ROLLAND, présidente de France Urbaine
    Anne TERLEZ, vice-présidente de l’Assemblée des Communautés de France
    Jean-Patrick GILLE, président de Villes au Carré
    Murielle MAFFESSOLI, co-présidente de Question de Ville
    Animation : Matthieu PIEGAY, Accolades

12 ateliers thématiques de travail en réseau :

✓ GT – Président.e.s
✓ GT1 – Communication du réseau
✓ GT2 – Développement économique/emploi
✓ GT3 – Éducation
✓ GT4 – Égalité femmes-hommes
✓ GT5 – Évaluation des contrats de ville
✓ GT6 – Gestion-administration
✓ GT7 – Participation des habitants
✓ GT8 – Prévention des radicalités
✓ GT9 – Renouvellement urbain et cadre de vie/ questions urbaines
✓ GT10 – Santé
✓ GT11 – Transition écologique

  • Speed-meeting : 20 minutes pour découvrir une expérience inspirante venue d’ailleurs (à l’image de l’expérience des tables de quartiers… au Québec !) ou créer du lien avec d’autres réseaux professionnels (IRDSU, Amadeus, BBZ…).
  • Temps de convivialité : présentation en vidéos des différents CRPV

Jour 2 :

  • Éclairage sur la politique de la ville, son évolution jusqu’aujourd’hui. Ce temps a permis aux deux experts présents de donner leur sentiment sur le CIV qui s’était tenu le matin même, les travaux récents (rapport de la Cour des comptes notamment) et d’évoquer des points d’amélioration de la politique de la ville.
    Avec :
    Hervé GUERY, directeur du Compas
    Renaud EPSTEIN, docteur en sociologie et maître de conférences en science politique à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye
    Animation : Leïla KHOUIEL, journaliste, directrice éditoriale de l’Agence des quartiers
  • Ateliers prospectifs : Temps de réflexions sur les enjeux de demain pour les quartiers politique de la ville et plus largement l’action publique.
    Les thèmes : Le monde d’après sera…#Entreprenant #Religieux #Démocratique #Résilient #Apprenant


Merci et bravo à toute l’équipe organisatrice et à Accolades pour l’animation ! Il nous tarde évidement de pouvoir nous rencontrer à nouveau et en « vrai » !


Créé par la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014, l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) œuvre pour la production et le partage de connaissances sur les quartiers prioritaires de la politique de la ville et de leurs habitants. L’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) et en particulier le pôle analyse et diagnostics territoriaux en assure l’animation et le secrétariat.

Le Réseau national des centres de ressources politique de la ville est associé aux travaux de l’observatoire notamment au travers de sa participation au groupe de travail dédié à l’observation locale réuni une à deux fois par an.

La dernière séance, le 13 novembre dernier, a permis de revenir sur les dernières productions de l’ONPV, ses perspectives de travail et les évolutions à venir concernant les outils nationaux mis en place pour assurer un meilleur partage de l’information. Parmi ces outils, le SIG Ville joue un rôle de premier plan, en proposant :

  • Un accès rapide à des données statistiques générales ou thématiques, et une cartographie détaillée pour l’ensemble des territoires prioritaires ;
  • Un service de géo-référencement qui permet de savoir si une adresse est ou non en quartier prioritaire de la politique de la ville ;
  • La mise à disposition de différents atlas et en particulier l’atlas régional et départemental des quartiers prioritaires qui sera prochainement mis à jour.

En cours de refonte, le SIG ville proposera une version améliorée en fin d’année avec de nouvelles fonctionnalités et une amélioration de l’ergonomie générale du site. A titre d’illustration, il sera possible de cartographier de nouvelles informations : les conseils locaux en santé mentale, les zones d’intervention prioritaire pour la médecine générale, les maisons départementales des personnes handicapées, les établissements d’accueil du jeune enfant et les centres sociaux ou espaces de vie sociale.

Pour en savoir plus : https://sig.ville.gouv.fr/

Dans le cadre des réflexions nationales concernant le plan de relance pour les quartiers prioritaires de la ville faisant suite à la crise sanitaire liée à l’épidémie covid-19, le réseau national des centres de ressources politique de la ville partage ses propositions à court et moyen termes en direction des habitants des quartiers prioritaires.

Ces propositions s’appuient sur les réflexions internes au Réseau national des CRPV, structurées au sein de groupes de travail thématiques qui rassemblent, sur volontariat, les membres des équipes des centres de ressources (chargé-e-s de mission, directeurs-rices, chargé-e-s d’information et de documentation…)

Ces propositions s’inscrivent dans la continuité de la note “L’impact de la crise liée au COVID-19 sur les habitant.e.s des quartiers prioritaires de la Politique de la ville” qui montre que la crise du coronavirus et les mesures de confinement nécessaires mises en place par le gouvernement à partir du 16 mars 2020 ont bouleversé la vie de l’ensemble des Français et sont un nouveau révélateur des inégalités sociales et économiques qui marquent les territoires prioritaires de la politique de la ville.

Partageant ces constats, l’Agence Nationale pour la Cohésion des Territoires (ANCT) a ainsi initié six groupes de travail réunissant une représentation diversifiée des acteurs de la politique de la ville avec pour objectifs de parvenir rapidement, sur la base de constats et diagnostics partagés, à des propositions opérationnelles qui puissent être prises en compte par le gouvernement. 

Retrouvez ci-dessous les contributions du Réseau national des Centres de ressources politique de la ville :

Groupe de travail Animation, prévention et médiation sociale dans les quartiers politique de la ville

Groupe de travail Santé

Groupe de travail Cadre de vie et mobilités :

Groupe de travail développement économique et emploi

Groupe de travail participation des habitants, des pratiques culturelles et sportives

Les centres de ressources politique de la ville sont mobilisés dans la construction des protocoles d’évaluation à différentes échelles selon les territoires (accompagnement territorial, production de ressources méthodologiques, ateliers, etc.).

Dans le cadre du groupe de travail Education du réseau national, les centres de ressources Politique de la Ville ont mis en commun leurs premières observations sur la construction des protocoles d’évaluation des Cités éducatives.

Tout d’abord, à leur échelle, les CRPV soulignent la très forte mobilisation de l’ensemble des acteurs des Cités éducatives pour répondre à l’urgence de la crise sanitaire du Covid-19. La coopération éducative engagée depuis plus d’un an entre les copilotes, et plus globalement avec l’ensemble communauté éducative, semble avoir facilité la circulation de l’information et la mise en œuvre de réponses d’urgence. La réorientation d’une partie des budgets 2020 des Cités éducatives vers l’enjeu de continuité éducative montre également cette capacité d’adaptation et d’évolution des politiques éducatives.

Ce contexte de crise amène toutefois un point de vigilance important quant à la construction des protocoles d’évaluation. Ceux-ci sont réalisés dans un moment de forte tension en termes de temps pour les copilotes et les acteurs des Cités éducatives, et avec un délai contraint (bien que celui-ci ait été assoupli, avec un rendu décalé d’un mois). Les protocoles seront donc construits dans un environnement de travail dégradé et des délais contraints, et à un moment où les temps de travail collaboratif et la participation de l’ensemble des parties prenantes est complexe. Il faut donc que ces protocoles fixent un cadre de travail qui soit souple et évolutif, pour pouvoir être affinés et permettre de prendre en compte l’ensemble des parties prenantes à la fin du confinement.

Si le protocole est propre à chaque Cité éducative et à son contexte local, quelques grandes lignes de force et points de vigilance ressortent dans cette première phase de l’évaluation :

  • La construction du protocole doit prioritairement permettre de fixer le cadre et donner une ligne d’horizon pour l’évaluation. Il faut pouvoir se projeter sur les 3 ans en précisant la gouvernance et le pilotage, les principaux objectifs à évaluer et le calendrier et l’orchestration de cette évaluation.
  • Le protocole n’est pas un outil purement technique. Il ne s’agit pas de se perdre dans des détails techniques au démarrage, au risque de perdre le cap et le pourquoi de l’évaluation. Le détail technique du référentiel (indicateurs, sources, etc.) doit venir dans un second temps.
  • La place des familles et des jeunes doit être pensée également dans le cadre de l’évaluation. Les parties prenantes doivent être associées à la démarche évaluation (éléments à intégrer aux enjeux de pilotage et de mise en œuvre de l’évaluation).
  • Il est important de bien formuler où on se situe au démarrage de l’expérimentation, afin de s’assurer de la possibilité de réaliser son évaluation. En se basant notamment sur le diagnostic initial, les acteurs doivent s’assurer de disposer des informations suffisantes en T0 pour organiser leur évaluation.
  • Il faut distinguer deux aspects de l’évaluation : l’évaluation de la politique éducative (réalisation des actions, cadre partenarial) et l’évaluation des impacts. Le second aspect est plus difficile à analyser. La mesure de l’impact n’est pas exhaustif et peut être difficile à réaliser sur un laps de temps de 3 ans. Il parait intéressant de mixer au maximum des analyses qualitatives aux analyses quantitatives pour mesurer les impacts.

Pour aller plus loin :

Dans le cadre du Club “Egalité femmes-hommes” des centres de ressources, Villes au Carré a organisé une journée de formation pour son équipe et des membres de PQNA et de l’ORIV sur l’égalité femmes-hommes dans le cadre des contrats de ville et les programmes de rénovation urbaine. 

Claudy Vouhé, fondatrice de l’Etre Egale, association spécialisée sur la prise en compte de l’égalité femmes-hommes par les institutions françaises et internationales, a animé cette journée en s’appuyant  sur les travaux menés à Villes au Carré depuis des années sur la politique de la ville en Centre-Val de Loire. 

Retour sur cette journée qui s’est tenue à Tours le 12 novembre 2019.

1- La frise de l’histoire législative de l’égalité femmes-hommes en France

La journée a débuté avec un brise glace sur l’histoire. Les participant·es devaient replacer sur une frise chronologique, s’étalant du XVIIIe au XXIe siècle, une trentaine de dates importantes sur le chemin de l’égalité femmes-hommes en France. Au cours des deux derniers siècles, les droits successivement obtenus par la femme ont concerné différents domaines : l’éducation, les droits civils et civiques, la contraception et l’IVG, l’exercice de la parentalité (congés, autorité parentale, gestion des biens de la famille et des enfants), l’égalité salariale et la lutte contre les violences sexistes sexuelles. C’est à partir du milieu du XXe siècle qu’un nombre important de lois est adopté par le Parlement pour atteindre une véritable égalité entre les femmes et les hommes.

Claudy Vouhé devant la frise de l’histoire législative de l’égalité femmes-hommes en France 

Ressources documentaires : 

2- L’écosystème favorable à l’égalité femmes-hommes dans la Politique de la ville

Claudy Vouhé a présenté un outil intitulé “la toile de l’institutionnalisation du genre” qui a été développé par Caren Levy en 1996 et retravaillé pour la politique de la ville avec Cécile Dublanche. Cet “écosystème favorable à l’égalité femmes-hommes” peut être utilisé par une collectivité (ou un centre de ressource) pour établir un diagnostic de l’égalité femme-homme sur un territoire en politique de la ville et ainsi dresser des pistes d’actions. Les treize éléments, reliés les uns entre les autres, se répartissent entre quatre sphères :

-la sphère des habitant·es :

  • Il existe encore peu de données sur les inégalités dans les quartiers prioritaires de la ville (par exemple : il n’existe pas de statistiques sur l’accès à la gouvernance ou les violences face aux femmes). Il est donc essentiel que les habitantes s’expriment, grâce à des outils participatifs, pour faire connaître leur expérience du quartier. Sans oublier que cette expérience n’est pas homogène entre les Quartiers Prioritaires de la Ville et entre les femmes selon leur situation.
  • La composition et les sujets abordés par les organisations citoyennes et les acteur·trices économiques du territoire doivent aussi être étudiés (par exemple : est-ce que le sujet du harcèlement dans l’espace public est à l’ordre du jour du conseil citoyen ? Est-ce que la terrasse du café du quartier est occupée exclusivement par des hommes ?). Cette analyse permet de comprendre si les services locaux répondent aux attentes des habitantes. 
  • Les élu·es sont-ils représentatifs du territoire et la parité femmes-hommes est-elle bien respectée au niveau de l’attribution des compétences des élu·es  ? Est ce que la question de l’égalité femmes-hommes est abordée au sein du conseil municipal ?

-la sphère des politiques publiques

  • Il s’agit ici de s’interroger, si les élu·es partagent une volonté politique de faire avancer le sujet l’égalité femmes-hommes et si oui, sur quelles thématiques : violences faites aux femmes, égalités des droits, égalité salariale… ? La volonté politique est marquée par  un soutien aux organisations citoyennes et aux acteur·trices.
  • La volonté politique se traduit en budgets et financements à l’appui de cette thématique. L’analyse de ces budgets est importante. Le “budget intégrant l’égalité” et l’objectif de développement durable n°5 “égalité entre les sexes” fournissent des indicateurs pour étudier l’attribution de l’argent public à cette thématique (le budget intégrant l’égalité sera abordé ci-après).
  • Le cadre politique et la programmation : il s’agit d’étudier le document de cadrage du contrat de ville : quelles données sont mentionnées, quels sont les objectifs, quels sont les actes ? Il existe souvent une incohérence entre le diagnostic et les actions mises en oeuvre dans le cadre politique de référence.

-la sphère professionnelle et technique

  • Responsabilité égalité femmes-hommes : Qui au niveau du contrat de ville est responsable de cette question ? Est ce que la personne en charge de ce sujet possède des budgets pour le mettre en oeuvre ? Est ce que cette personne possède le pouvoir d’influencer le cadre politique et la programmation ? Comment la responsabilisation est-elle organisée  : est ce qu’il s’agit d’une seule personne ou d’une organisation diffuse ? Par exemple : au sein des services du Conseil régional de Nouvelle Aquitaine, plusieurs référents égalité ont été nommé.
  • Les règles et procédures sont les rites et rythmes, les choses techniques et opérationnelles, les modes de faire des institutions publiques. (Par exemple : indicateurs, appels à projets…)
  • Gestion du personnel : Il s’agit pour la collectivité de s’interroger sur la mixité et l’égalité professionnelle. Même si l’univers de la politique de la ville se féminise de plus en plus, les élus et décideurs restent à ce jour majoritairement masculins. Les technicien·nes et élu·es doivent être formé·es à cette thématique afin de pouvoir impulser des actions concrètes.

-la sphère conduite du projet de rénovation urbaine et contrat de ville 

  • Méthodologie : il s’agit d’un travail participatif, d’une planification axée sur les résultats. Deux points de vigilance : le travail participatif ne respecte pas toujours l’égalité femmes-hommes (attention à la représentativité  des participant·es) et l’importance de la sensibilisation des équipes de formation à cette thématique.
  • Mise en oeuvre des programmes et des projets
  • Apprentissage collectifs et communication : Il s’agit des méthodologies  qui permettent la capitalisation. Par exemple : quand des publicités de lingerie sont affichées dans les abribus, on constate un accroissement du harcèlement des femmes situées à ces arrêts de bus. Les remontées d’expériences sont indispensables pour influencer le cadre politique et la programmation.
  • Etudes et évaluations commanditées par la collectivité. Elles sont le point faible de la démarche. En effet, peu d’évaluations ont été réalisées à ce jour car les contrats de ville ont été votés en 2015. Peu de  bilans à mi-parcours s’appuient sur des études robustes sur le sujet.

Pour en savoir plus sur “la toile de l’institutionnalisation du genre”, découvrez le FOCUS publié par Villes au Carré.

3- Le budget intégrant l’égalité dans les contrats de ville

L’approche du budget intégrant l’égalité va être généralisé dans ces prochaines années.  L’égalité entre les femmes et les hommes est  un Objectif du Développement Durable (n°5) que les Etats doivent mettre en place d’ici 2030 pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable selon l’Organisation des Nations Unies. La démarche de budget intégrant l’égalité y contribuera.

Le budget intégrant l’égalité, c’est quoi?  ?

Une note technique du Commissariat général à l’égalité des territoires publiée le 7 août 2019, précise l’objectif du budget intégrant l’égalité : “Analyser si, et comment, la distribution des crédits d’intervention de la politique de la ville contribue à renforcer ou à diminuer les inégalités entre les sexes”. 

Pourquoi le mettre en place ?

  • Redevabilité

Refléter la loi et les objectifs politiques sur l’égalité femmes-hommes. Rendre des comptes et faire preuve de transparence. Les budgets doivent refléter la volonté politique.

  • Equité et justice fiscale

Les femmes et les hommes contribuent à l’impôts (TVA et impôts sur le revenu). Il n’est pas normal que les femmes ne soient pas traitées équitablement par la redistribution. De plus, celui/celle qui en a le plus besoin devrait recevoir davantage en toute équité.

  • Egalité et justice sociale

Contribuer à l’égalité femmes-hommes.

Deux modalités de financements :

  • L’égalité femmes-hommes transversale dans des actions non-spécifiques (aménagement du quartier, d’aires de jeux, d’une salle de musique ou sportive, actions santé ou emploi…)
  • L’égalité femmes-hommes au cœur d’actions spécifiques (actions dont le but est de travailler à l’égalité. Par ex : encourager la pratique du basket par les adolescentes du quartier de Nogent le Rotrou)

Le BIE est applicable dès 2020. Il s’agit de travailler à budget constant. LeCommissariat général à l’égalité des territoires souhaite ainsi que les contrats de ville  travaillent mieux ce sujet, et en transversalité, dans des actions déjà prévues. 

Villes au Carré vient de publier un nouveau “Focus” dédié au budget intégrant l’égalité dans la politique de la ville. Pour le consulter, cliquez sur l’image ci-dessous.

Cette formation était une première journée partagée entre plusieurs centres. Elle a permis la montée en compétence des équipes, d’échanger sur les expériences, de mieux se connaitre et de constituer un dossier ressource mutualisé. Une bonne occasion de diffuser une culture de l’égalité femmes-hommes dans le réseau national des centres de ressources politique de la ville. A poursuivre!